lundi 31 octobre 2011

INSIGNIFICANT, new single, Music & Lyrics by Phil. A. Wyatt L.

Présentation de la conception d'un titre musical en création.
Ceci est le squelette d'un morceau en élaboration.

Phil.L.
(alias Phil.A Wyatt L.)

dimanche 9 octobre 2011

A. Einstein et L. Infeld : L’évolution des idées en physique, tr. fr.Paris, 1963, pp.34-35.

Introduction :

Cet extrait de L’évolution des idées en physique d’Einstein et Infeld s’inscrit à la suite d’un rappel et d’un exposé des idées scientifiques sur la physique de ses prédécesseurs. Il s’agit pour Einstein de se mêler au mouvement d’évolution en s’opposant aux croyances de son temps tout en exposant sa conception de la science et plus particulièrement de la physique. Le thème majeur abordé par Einstein dans ce texte c’est la compréhension du monde et la volonté de lui conférer un sens. Pour cela, il va montrer que les « concepts physiques » naissent bien de l’observation sensible du monde extérieur mais ils s’enracinent aussi, pour une grande partie, de la faculté de l’esprit humain à créer ces concepts. On voit donc se poser le problème du double regard de l’homme sur la physique pour tenter de la comprendre : un regard occasionné par les yeux du corps (ou encore regard sensible), et un regard émanant de l’esprit qui crée librement. L’expérience semble jouer un rôle prédominant dans la connaissance du mécanisme du monde, tout autant que les « créations libres de l’esprit humain » pour Einstein. Or, auquel faut-il conférer la capacité d’éclairer l’autre ? En d’autres termes, lequel de l’expérience, c’est-à-dire des « impressions sensibles », ou de la pensée, énoncée dans « l’esprit humain », est à l’origine de la connaissance de la « vérité objective » ? L’expérience peut-elle faire l’économie de la pensée et « l’esprit humain » peut-il se passer des « impressions sensibles » ou bien sont-ils tous deux nécessaires à la possible compréhension du mécanisme du monde ?


Plan :

Découpage en 3 parties :

1) de la ligne 1 à la ligne 5 « (…) mais il n’a aucun moyen d’ouvrir le boîtier. ».

2) de la ligne 6 « S’il est ingénieux… » à la ligne 10 « (…) la signification d’une telle comparaison ».

3) de la ligne 10 « Mais le chercheur… » à la fin.

I. Les limites du monde extérieur et de nos sens dans notre compréhension du monde.

1) Thèse d’Einstein et critique du positivisme

2) L’effort de compréhension

3) La métaphore de la montre fermée

Transition : Là où les sens s’arrêtent, étant limités dans la compréhension du monde, l’esprit humain intervient par des « créations », par l’imagination. L’esprit, solution au problème ?

II. Les rapports entre l’image créée (la spéculation) et la réalité.

1) Hypothèse de l’ingéniosité de l’esprit humain

2) Le rôle de l’image

3) L’incertitude de l’homme

Transition : L’homme du commun et/ou l’homme ingénieux se trouvent confrontés à l’incertitude de leur méthode pour tenter de comprendre le monde. Qu’en est-il du « chercheur » ?

III. Mise en rapport de la connaissance et la représentation scientifique : la connaissance comme condition d’explication des « impressions sensibles ».

1) Méthode scientifique

2) « Impressions sensibles » et connaissance

3) « Vérité objective » opposée à la vérité subjective

Commentaire :

I. 1) La thèse d’Einstein se trouve aux deux premières lignes : « Les concepts physiques sont des créations libres de l’esprit humain et ne sont pas comme on pourrait le croire, uniquement déterminés par le monde extérieur. ». Cette thèse d’Einstein est riche en oppositions et en nouvelle conception dans la méthode scientifique. Einstein énonce dans cette thèse la définition de ce que sont les « concepts physiques » : ce sont « des créations libres de l’esprit humain ».

Le concept c’est une idée d’un objet conçu par l’esprit, permettant d’organiser les perceptions et les connaissances. Le terme « physique » renvoie ici à ce qui appartient à la nature, mais il faut aussi avoir à l’esprit que c’est la science qui étudie les propriétés générales de la matière et établit les lois qui rendent compte des phénomènes naturels. Ces « concepts physiques » sont des « créations libres de l’esprit humain ». Ces créations, du fait qu’elles sont « libres », ne dépendent donc de rien ni personne, n’étant pas limitées par quoi que ce soit car ce qui est libre n’est déterminé à agir que par soi-même, indépendamment de toute contrainte extérieure. Qui plus est, en tant que « créations », ce sont des inventions qui créent ce qui n’existait pas.

Ces « concepts physiques » ainsi définis par Einstein relèvent de l’activité intellectuelle de l’homme et cette considération s’oppose à la considération du temps d’Einstein : les positivistes. Einstein rappelle cette position en disant « uniquement déterminés par le monde extérieur ». C’est un grand jeu d’oppositions qu’Einstein entreprend avec les termes de « créations libres » pour celui-ci et de « déterminés » pour les positivistes, ainsi que « l’esprit humain » confronté au « monde extérieur ». Le déterminisme prôné par les positivistes annihile toute création, hypothèse et liberté en ce qu’il fixe les choses avec précision étant la cause des choses. Quant au « monde extérieur », c’est ce qui existe au-dehors de l’individu, par opposition à « l’esprit humain ».

La position positiviste (qui est déjà annoncée et définie par Einstein par les mots « déterminés » et « monde extérieur » reliés par le terme « uniquement », ce qui exclut toute autre conception) renvoie à ce que ses concepts et ses théories ne sont justifiées que dans la mesure où ils fournissent une représentation logique des relations entre les expériences des sens. Les positivistes se limitent aux seules réalités sensibles, niant l’existence de « réalités invisibles » : ils détournent la physique de spéculations vaines sur la nature des choses. Le positivisme n’est qu’un empirisme radical.

Pour mieux comprendre le positivisme, aidons-nous de la citation suivante : « En physique, nous avons affaire aux indications que la nature inanimée transmet à nos sens et qui s’expriment dans des observations et des mesures plus ou moins exactes. Ce que nous voyons, entendons, sentons, forme le donné immédiat, l’irréfutable réalité. », M.Planck, L’image du monde dans la physique moderne, Zurich, Gonthier, 1933, p.97.

Enfin, Einstein par un effet de style, montre la distance qu’il faut prendre avec la conception positiviste des « concepts physiques » en utilisant le conditionnel, « pourrait », et le terme fort de « croire », qui expriment un décalage par rapport à la réalité. Tout cela sert à Einstein dans son désir de prise de distance face à la conception de son temps et pour mieux faire entrevoir son projet.

Toutefois, cette thèse n’exclut pas le fait que certaines choses soient déterminées par le monde extérieur, et cela fait appel aux « impressions sensibles » de la ligne 12.

2) L’homme qui veut comprendre le monde se trouve contraint de faire un effort. En effet, Einstein écrivait dans un autre ouvrage, Conceptions Scientifiques, p.23, « l’éternel mystère du monde est sa compréhensibilité ». On commence alors à entrevoir la difficulté qui se pose à l’homme pour donner du sens au monde auquel il appartient. Afin d’expliquer cet « effort » de l’homme pour comprendre le monde, Einstein va le comparer, utilisant le terme « ressemblons » à la ligne 3, à celui qui « essaye de comprendre le mécanisme d’une montre fermée ». Cet « effort », cette difficulté de comprendre le monde est au mieux doublée d’un essai. Même dans la comparaison, Einstein montre que cette entreprise est difficile à réaliser voire impossible.

3) La métaphore de la montre fermée. Les métaphores sont une tentative d’explication qui permettent de mieux concevoir les idées avancées par l’auteur. Einstein compare d’abord le monde que l’homme « essaie de comprendre » au « mécanisme d’une montre fermée » à la ligne 4. Le monde, dans cette métaphore est un « mécanisme », notion très importante pour Einstein, car, pour filer la métaphore, comprendre le mécanisme de la montre fermée c’est concevoir l’ensemble des pièces qui entrent en jeu dans son fonctionnement, et le mécanisme du monde c’est son mode de fonctionnement. Le mécanisme du monde est comparé au mécanisme d’une machine, ici d’une montre, et la compréhension par l’homme de ce mécanisme lui permettra de comprendre le sens du monde.

Cette métaphore complète la thèse d’Einstein énoncée précédemment, selon laquelle il ne faut pas « uniquement » se satisfaire de ce qui est « déterminé par le monde extérieur ». Ici, le monde extérieur serait le « cadran », « les aiguilles en mouvement », « le tic-tac », ce qui est apparent, en surface, le « boîtier » de « la montre fermée ». Qui plus est, Einstein fait intervenir les sens de l’homme dans cette connaissance des choses extérieures : « il voit », ligne 4, « il entend », ligne 5. La métaphore est bouclée par Einstein en montrant que les seules choses qui sont apparentes en surface, qui sont données, saisies par les sens de l’homme, par ses impressions sensorielles, ne permettent pas d’entrevoir le mécanisme des choses, le mécanisme de cette montre qui reste fermée. L’homme ne fait que constater passivement les choses sans pour autant comprendre ce qui fait que les choses sont ainsi et non autrement. Einstein dit à la ligne 5 qu’il « n’a aucun moyen d’ouvrir le boîtier », les sens de l’homme ne permettent pas cette connaissance des choses en profondeur, cette possibilité de concevoir et de comprendre le mécanisme interne des choses.

Transition :

Tournant le dos à la conception positiviste de son temps, Einstein montre grâce à la métaphore de la montre fermée, les limites d’une telle vision de la physique. Cette limite pourrait se résumer dans ce « mais » à la ligne 5 qui montre à lui seul cette limite des capacités sensorielles de l’homme. Pour Einstein, à toute physique il y a un élément a priori qui n’est pas donné (par opposition au « monde extérieur ») par l’expérience de nos sens. La physique ne se définit pas qu’à partir des expériences, l’hypothèse joue un rôle important, c’est le rôle d’un élément théorique. « L’esprit humain » va intervenir dans la tentative de compréhension du monde. Or, est-il pour autant la solution à la limite sensorielle de l’homme pour comprendre le monde ?

II. 1) Suite au défaut de capacité engendré par les sens de l’homme, Einstein va analyser le statut de « l’esprit humain » confronté à la difficile tâche de rendre compréhensible le monde à l’homme, car il y a bien un contraste entre les faits ou phénomènes (en tant qu’ils sont ce qui apparaît à nos sens) de surface et la profondeur de la difficile compréhension fondamentale. L’intervention de l’esprit se fait au moyen de l’hypothèse formulée à la ligne 6 : « S’il est ingénieux… ». Cette hypothèse est à la fois une supposition d’Einstein et en même temps une nécessité pour l’homme pour poursuivre son but. On pourrait remplacer le « s’ » par la formule « à condition que ». Ce qui va suivre fera l’objet de cette hypothèse qui est la condition nécessaire de la compréhension.

L’hypothèse renvoie à ce qui n’est pas donné par l’expérience et qui relève de la fiction de l’esprit. Cette hypothèse suppose que l’homme soit « ingénieux », c’est-à-dire qu’il fasse preuve d’esprit d’invention et de créativité, ce qui fait écho aux « créations libres de l’esprit humain » de la ligne 1. Cette entrée en la matière est déterminante pour employer le mot positiviste, car elle annonce à elle seule ce qui va suivre : Einstein va traiter des facultés de création de l’esprit humain dans sa visée de compréhension du mécanisme du monde.

2) Le rôle de l’image. L’ingéniosité de l’esprit humain va émettre la possibilité de « former quelque image du mécanisme ». Cette action de « former » fait écho à une création, à la constitution de ce qui n’existe pas. Puisque ses sens ne lui permettent pas de voir le mécanisme des choses et de la montre fermée, c’est son esprit qui prend le relais en créant une « image », qui est la représentation mentale du mécanisme. Ne pouvant pas constater de ses propres yeux le mécanisme lui-même, ce qu’il est, l’homme ingénieux a recours à l’imagination qui se représente les choses – l’imagination étant la faculté de se représenter (en image) un objet absent -. Qui plus est, cette image du mécanisme qu’il aura créée, il la « rendra responsable de tout ce qu’il observe », ce qui veut dire que l’esprit humain prend le dessus sur l’expérience, sur l’observation par les sens du « monde extérieur ». Du latin respondere, se porter garant, l’image ainsi formée doit répondre de l’observation. On n’observe plus avec les yeux du corps mais avec ceux de l’imagination créatrice, de l’esprit.

3) L’image ainsi créée par « l’esprit humain » semble pouvoir rendre compte du mécanisme du monde. Pourtant, cette image amène l’incertitude de l’homme face au « mécanisme réel », car « il ne sera jamais sûr que son image soit la seule capable d’expliquer ses observations », ligne 7-8. En effet, il y a une infinité d’images possibles qui soient capables d’expliquer les observations du « monde extérieur ». Le nombre d’images est proportionnel au nombre d’hypothèses que l’esprit humain peut engendrer. Qui plus est, les observations que l’on fait du « monde extérieur » doivent être expliquées pour rendre le monde à la fois intelligible et compréhensible. Expliquer, du latin explicare, signifie déplier, dérouler : c’est faire comprendre ou faire connaître par un développement. C’est comme si le monde extérieur contenait son propre contenu qui doit être déplié par l’esprit.

Il y a une opposition entre l’image formée par l’esprit et le mécanisme réel, un certain décalage. L’homme ingénieux, ne connaissant pas le « mécanisme réel », n’est pas capable de « comparer », c’est-à-dire d’établir les ressemblances ou les différences qui existent entre l’image et le réel, il ne peut pas comparer le modèle (ou l’original) avec l’image (la possible copie).

Transition :

En faisant entrer la faculté de « l’esprit humain » dans la volonté de compréhension du monde et de son « mécanisme réel » vues les limites de la sphère sensorielle de l’homme, on pouvait croire que les expériences, les observations du « monde extérieur » allaient devenir compréhensibles à l’homme. Pourtant, cette sphère liée au réel aboutit à l’incertitude. La science comportant, comme une part constitutive, la liberté de l’esprit qui invente et crée, elle est par là même provisoire et incertaine. L’homme du commun et/ou l’homme ingénieux se trouvent confrontés à l’incertitude de leur méthode pour tenter de comprendre le monde. Qu’en est-il du chercheur ?

III. 1) Dans cet extrait, il est chose aisée de décrire la méthode scientifique d’Einstein. Tout d’abord, il s’agit d’un travail des sens chez l’homme, en observant le « monde extérieur » et en tirant de ces observations des « impressions sensibles ». Puis, après un travail des sens préalable sur le « monde extérieur », il s’agit de rendre compte de ces observations et de ces impressions en tentant de les expliquer par des « créations libres de l’esprit » par la formation d’images, les comparant avec le mécanisme réel. Telle est la représentation de la science pour Einstein. La science est descriptive et explicative, la physique est sensorielle et théorique.

2) La seule ingéniosité de l’esprit humain dans sa tentative de création d’images conduit les hommes dans l’incertitude. Il manque un ingrédient capital dans la démarche de compréhension du monde : la connaissance. Le chercheur, qui est cet homme de science, se trouve être confronté à deux croyances : la première énoncée à la ligne 10, par la formule paradoxale « croit certainement » et la deuxième à la ligne 13 « aussi croire ». Notre connaissance est construite sur nos croyances : le chercheur croit en l’importance de la connaissance en tant que système d’explication des rapports entre la pensée et les objets. C’est en effet indubitablement qu’il croit que plus ses connaissances seront nombreuses, plus « son image de la réalité deviendra de plus en plus simple et expliquera des domaines de plus en plus étendus de ses impressions sensibles. ». Il y a donc toujours pour le chercheur nécessité, par rapport à son projet, de prendre en compte l’existence de la réalité extérieure, la nature du processus de conceptualisation incarné par la connaissance, le lien des connaissances à l’observation et aux « impressions sensibles », ainsi que le critère de simplicité. La physique vise à être une image du monde que son développement s’avère orienté vers une formulation unitaire et fondamentalement simple, capable d’embrasser sans cesse une plus grande diversité des éléments du monde rendus dans l’expérience.

3) La deuxième croyance du chercheur concerne « l’existence d’une limite idéale de la connaissance ». La connaissance qui est pour le chercheur la condition d’explication des « impressions sensibles », le chercheur croit aussi qu’à cette connaissance il existe une « limite idéale », c’est-à-dire une borne qu’on ne peut pas dépasser qui possède une qualité à un degré parfait, perfection que l’esprit imagine. Cette « limite idéale », l’esprit humain a la capacité de l’atteindre. Cette « limite idéale », une fois atteinte par l’esprit humain, amène le chercheur à « la vérité objective ». En effet, la vérité étant la qualité de ce qui est vrai, ainsi que la conformité de ce que l’on pense avec ce qui est, la vérité n’est plus subjective, qualité de ce qui est mis dessous, ce qui se rapporte uniquement au sujet pensant, mais bien objective, qualité de ce qui est placé devant, qui a un caractère scientifique en tant qu’elle consiste en un accord avec la réalité, avec ce qui est. La connaissance à son plus haut degré de perfection permet l’homme et le chercheur d’accéder à la « vérité objective » ou autrement dit au « mécanisme réel ». Mais encore une fois, il ne s’agit que d’une croyance qui, même placée à un degré de certitude le plus élevé, n’est rien de plus que cette attitude consistant à tenir pour vraie une proposition mais sans posséder la preuve que cette proposition est bien vraie.

Conclusion :

Cet extrait d’Einstein se pose en opposition avec la pensée positiviste de son temps, en écrivant plus loin dans ce même ouvrage que « (…) de nos jours c’est un point de vue subjectiviste et positiviste qui l’emporte de façon excessive ». Le but de la science est, d’une part, la compréhension, aussi complète que possible, et la mise en relation des expériences sensibles dans toute leur variété, et, d’autre part, le parachèvement de ce but en employant un minimum de concepts primaires et de relations (en cherchant, autant que possible, l’unité logique dans l’image du monde, c’est-à-dire la simplicité de ses fondements.). Si l’origine de nos connaissances se trouve dans l’expérience, sans concepts cette connaissance serait vide : ils sont des conditions de la pensée. Ces concepts ne sont jamais directement issus de l’expérience et ne sauraient donc répondre à l’exigence requise par le critère strict des empiristes et positivistes. C’est dans l’expérience que se situe l’origine de la connaissance – en tant qu’elle est expérience des sens-, mais elle a besoin de concepts et autres libres créations de la pensée pour être éclairée. La compréhension du monde c’est la possibilité de mettre en ordre la totalité des expériences de nos sens par le moyen de la pensée, c’est-à-dire de l’opération de concepts et de création.

Phil.L

jeudi 22 septembre 2011

Lettre adressée au Président Jacques Chirac, Novembre 2003, sur la révision des "lois de bioéthique" :

Le 14 novembre 2003,
A l'attention de Monsieur Jacques Chirac, Président actuel de la République Française,


"Je me présente, je suis actuellement étudiant en maîtrise de philosophie - dont le sujet d'étude est le clonage thérapeutique et reproductif dont la bioéthique, le droit et la législation sont les dérivés principaux - à l'université Pierre Mendès-France de Saint Martin d'Hères (38). Je me permets de vous écrire en toute liberté, n'étant alors sous l'emprise d'aucune contrainte ni d'aucun organisme qui aurait dès lors altéré ma réflexion. C'est en qualité d'esprit critique et à titre personnel que je m'exprimerai.
Etant donné la révision des lois dites "lois de bioéthiques" datant de 1994, au mois de décembre de cette année 2003, je souhaitais - sans prétention aucune mais à la lumière d'une pensée non pervertie et en rien corrompue - partager avec vous et votre cabinet présidentiel, le cheminement de mes idées.
Ces derniers temps, des demandes d'assouplissement des "lois de bioéthiques" vous ont été adressées. Pour certaines, elles semblent justifiées voire louables. Cependant, je tends à espérer que celles-ci, malgré leur caractère séduisant, ne vont pas influencer votre imperméabilité législative car il s'agit là de décisions importantes touchant à l'identité même de l'être humain.
Il est bien évident que je n'ai pas l'intention de vous apprendre que des demandes singulières ne peuvent faire office de lois. Mieux que moi, vous savez qu'une loi est érigée en règle de vie en société, reposant sur son caractère généralisable et applicable à tous, sans exception, selon une perspective du bien commun. Néanmoins, certains cas particuliers font l'objet de nombreuses discussions qui pourraient, à eux-seuls, incliner votre jugement et par conséquent, vous faire envisager de réviser le moratoire voté sur les recherches concernant l'embryon.
Tant de techniques biomédicales sont à la croisée de la manipulation de l'embryon humain, telles que le diagnostic préimplantatoire (D.P.I), le transfert nucléaire, le clonage thérapeutique et reproductif, bien d'autres encore. Il est devenu manifeste que les techniques dans le domaine de la biomédecine se développent à une vitesse vertigineuse. Face à ce phénomène, les citoyens se sentent responsables et s’octroient de nouveaux droits, allant jusqu'à la consultation du médecin, du généticien, du gynécologue leur suggérant un monde de possibles faisant appel à ces techniques nouvelles non maîtrisées, inquiétantes pour l'éthique, pour une probabilité de réalisation réussie quasi nulle. Ceci engendre la difficulté, pour le spécialiste, de se faire comprendre et entendre par le futur "patient", ou pourrait-on dire "client" car conserve-t-il un pouvoir de refus face à la pléonexie de l'univers des possibles techniques qui s'offre à l'être humain par le biais du techniquement réalisable ?
L'être humain se trouve dès à présent face à lui-même, il a dans les mains le potentiel technique qui va faire de celui-ci un être d'autant plus singulier parmi les autres êtres vivants : un être capable de se déroger des coups du sort, du hasard, de l'imprévisible, de la maladie, de l'impossibilité génétique et biologique, etc. Néanmoins, est-ce parce que l'on peut que l'on doit ?
Les recherches, la réflexion, ne sont pas suffisamment abouties pour pouvoir autoriser ni même interdire définitivement le recours nomologique et systématique à ces techniques. A ce jour, le moratoire se dessine comme étant la seule décision plausible dans l'état actuel des choses. Se précipiter dans la rédaction d'une quelconque loi serait comme avancer les yeux fermés dans un univers inconnu et méconnu dont on ne mesure pas la portée.
De simples questions vous conduiront à considérer cette lettre. Ces questions, restées sans réponse satisfaisante, ne peuvent vous permettre de réviser les "lois de bioéthiques" et ne peuvent conduire, contrairement à certains députés tels que Pierre-Louis Fagniez, député UMP (Val de Marne), à proposer une "autorisation à titre exceptionnel" pour reprendre ses propres termes issus du quotidien "La Croix" du mardi 21 octobre 2003.
Qu'est-ce que l'embryon ?
Existe t-il une alternative au clonage et à la manipulation de l'embryon ?
A quel stade du développement embryonnaire peut-on parler d'être vivant ?
Les critères de conception sont-ils à l'origine d'une permission de naître ?
Le cheminement du clone, de l'embryon manipulé - ou faisant l'objet d'une quelconque technique biomédicale - vers une constitution personnelle, sera t-il tellement contraire au nôtre à tel point qu'"ils" ne pourront jamais accéder ni à l'espace ni au discours de la personne humaine ?
Qui fournira des dizaines d'ovocytes pour les transferts de noyaux ? Sera-ce l'émergence dès lors d'un nouveau sésame bio-économique de profit ?
Combien de transferts chez une même femme pour aboutir à une grossesse ? Quelles sont alors les conséquences pour elle du trop faible succès des techniques biomédicales ?
(...)


Je vous remercie, Monsieur le Président, pour l'intérêt que vous porterez à cette lettre. Je demeure disposé à développer mes réflexions et mes recherches si tant est qu'elles soient pertinentes dans la progression de la pensée.


Cordialement.
Philippe LEFEBVRE."

dimanche 31 juillet 2011

Extrait de "La juste place de l’homme et son rôle sur Terre. Pour une nouvelle nomenclature des droits en vue d’un consensus planétaire." Phil.L.

Les impacts d’une catégorie sur les ensembles et les répercussions :

Planète Terre

\/

Biosphère

\/

Ecosystèmes

\/ \/

Biocénose Biotopes

\/

Espèce humaine


Planète Terre : les systèmes de la Terre sont l’atmosphère, le climat, les terres émergées, les zones côtières et les océans.

Donner un statut juridique, moral, éthique à la biocénose et aux biotopes.

On réagit quant il s’agit de l’espèce humaine (et encore, pas pour tous les représentants de l’espèce) mais surtout, face à un bien matériel ou virtuel.

Imaginer : un tribunal mondial qui jugerait les actes commis sur la biocénose et les biotopes. Constitution, par les hommes, d’un droit planétaire, d’un statut, d’une identité, pour chaque être animé ou inanimé sur Terre + code de loi pour la planète.

Il y aurait alors une échelle dans les différents codes de lois et dans le droit entre les individus peuplant la planète, les biotopes et la planète.


Statut/Reconnaissance d’une valeur et d’un droit :

Planète

\/

Ecosystèmes

\/

Biotopes / Biocénose

Hommes (notre code judiciaire est fonction des codes "premiers" fondamentaux).


Hiérarchie des droits :

Planète (alpha)

\/

Ecosystèmes (bêta)

\/

Biotopes (gamma) / Biocénose (gamma)

1 1

2 2

"x" "x" (hommes)

1 Le droit des catégories dépend du droit des catégories premières (ex : le droit des écosystèmes dépend du droit de la planète qui lui est premier).

2 Le droit à l’intérieur des catégories (les parties représentantes) dépend du droit général de la catégorie (ex : le droit de l’homme dépend du droit général de la biocénose).

3 Le droit entre les différents représentants des catégories est interdépendant et en corrélation avec le droit général de la catégorie qu’il représente (ex : le droit des hommes est interdépendant du droit d’une autre partie représentative de la biocénose comme les animaux par exemple, et répond aux critères du droit général de la catégorie représentée : la biocénose).

4 Il y a une interdépendance entre le droit d’une catégorie de même échelle hiérarchie avec une autre (ex : interdépendance entre le droit de la biocénose et du biotope).

5 Une partie n’a pas plus de droits sur une autre partie de même catégorie, mais peut avoir plus de responsabilités et de devoirs envers elle (ex : droit humain n’a pas plus de valeur représentative que le droit de l’espèce animale).

6 Une catégorie de même échelle hiérarchique n’a pas plus de valeur que l’autre : équité et égalité entre biotope & biocénose.

7 Dans l’échelle de la hiérarchie des catégories, il y a une équité & égalité de valeur entre elles, il n’y a pas plus de supériorité entre la catégorie de la planète que celle des biotopes ou de la biocénose.

8 La hiérarchie n’est pas une addiction (subordination) ni un assujettissement ; mais une représentation de la correspondance à un droit premier de principe d’où tout découle et tout est lié.

9 Un droit prend son origine dans le droit par lequel est rendu possible ce droit (le droit de l’homme est rendu possible grâce à l’existence d’un droit principiel : celui de la planète).


Extrait de "La juste place de l’homme et son rôle sur Terre. Pour une nouvelle nomenclature des droits en vue d’un consensus planétaire." Phil.L.

« Le problème de maîtriser la nature n’a plus aucun sens de nos jours, devenant dès lors obsolète parmi les intentions de l’espèce humaine. La planète Terre ne nous appartient pas si bien qu’en fin de compte, il s’agit d’une appartenance réciproque de souverains exerçant un impact l’un sur l’autre. La planète subit la gravité croissante des menaces sur la biosphère qui sont, rétroactivement, des menaces pour l’espèce humaine. Mais à la fin, lequel de ces souverains aura le dernier mot ? »

Phil.L.

vendredi 29 juillet 2011

Extrait de "La juste place de l’homme et son rôle sur Terre. Pour une nouvelle nomenclature des droits en vue d’un consensus planétaire." Phil.L.

"Certes il y a des lois qui interdisent de nuire à des espèces autres qu’humaines, à des biotopes, des écosystèmes... même à la planète. Néanmoins, cela n’a pas abouti à un consensus mondial chez les humains des pays du monde car il n’y a pas de statut qui soit approuvé et consenti pour les espèces autres qu’humaines. Par ce travail il en résulte que l’homme n’est pas le seul être à posséder un statut particulier, la représentation du monde que l’homme se fait va changer les esprits, c’est la voie royale à une intégration, un partage, une reconnaissance, une équité dans les rapports et un consensus planétaire que de partir du postulat d’une attribution « éthique », « identitaire » à autre que l’espèce humaine."

Phil.L.

jeudi 19 mai 2011

Lettre sans voix

"La plume est la prose du coeur. Chaque battement rythme le geste de la main qui dessine les lignes enfouies en chacun. Une pulsation fige la lettre de l'émotion, les mots se forment, le sens surgit alors que l'intensité du ressenti s'estompe sous l'encre étalée sur du papier.
La mélodie du timbre de voix donne vie aux sentiments retranscrits. Sans arôme ni parfum, la fleur qui s'ouvre à la poésie des tonalités que forment tes paroles m'enivre de tout mon être à chaque mouvement de tes lèvres.
Une lettre sans voix n'a de sens que si elle est orchestrée par le souvenir de tes yeux qui déshabillent mon âme pour la remplir de la douceur de tes dires. Je deviens le papier sur lequel se gravent, indélébiles, les phrases que j'ai tant espérées.
Comme un murmure à peine audible, j'entends ton souffle me fredonner ces simples mots que je ne peux oublier... Je t'aime."

Phil.L.
19/05/2011

jeudi 24 février 2011

Extrait de : "L'inexplicable... mis en évidence !"



« Une pensée qui ne peut vous quitter a sa raison d’être, pour peu que l’on soit réceptif à sa présence en nous. Une pensée peut se transformer en idée, cette même idée peut occuper toutes vos pensées. Pour autant, toutes ces pensées peuvent-elles être rationalisées, intellectualisées, gérées par l’esprit ou plus simplement, comprises ?

Sans le savoir, chaque être humain se distingue - en outre - des autres espèces vivantes - dont il fait partie - par un phénomène qui le touche lui et seulement lui, faisant de celui-ci un être complexe et particulier : l’inexplicable. Chaque individu, à un moment dans sa vie, sans jamais savoir quand cela se produira, sera confronté à l’inexplicable. Or, en quoi cela consiste ?

Il s’agit de nuancer ce propos en faisant apparaître une limite car, en effet, bien qu’ils aient tous en commun cette particularité qu’ils partagent - sans même en avoir conscience - les êtres humains sont-ils néanmoins tous capables d’identifier cet inexplicable lorsqu'il se présenterait ou ne subsisterait-il pas un risque de passer à côté ?

Sans entrer dans les considérations qui incrimineraient cette idée, telles que la mortalité infantile, la guerre, la maladie et tant d’autres qui seraient un obstacle à la réalité de ce phénomène anthropique, il serait plus pertinent d’envisager le fait suivant : chaque être humain a potentiellement en lui la particularité de vivre l’inexplicable, d’y être confronté, à un moment quelconque de son existence.

Après avoir concédé cette nuance, force est de constater que cela soulève plus d’interrogations que n’apporte de réponses. Quand bien même chacun serait capable de se dire : « je crois qu’il se présente à moi », comment en être tout à fait certain ? Il est dans la nature de l’inexplicable de ne pouvoir être expliqué. Or, l’esprit accorde t-il un quelconque crédit à ce qu’il ne peut - et ne doit – donner sens ? Ne sait-on jamais dès lors quand les traits de l’inexplicable prennent forme devant nos yeux ?

Dans l’hypothèse où un phénomène serait identifié par un individu comme étant l’inexplicable de sa vie, comment réagir face à celui-ci ? Va-t-on tenter de l’enfermer dans quelque chose dont on aurait la maîtrise afin de nourrir l’espoir de lui conférer un sens ? Le réflexe ne serait-il pas alors de s’essayer à l'exercice d’expliquer l’inexplicable, au moyen d’un média, qui est propre à chaque individu appartenant à l’espèce humaine : l’esprit, la cognition, la raison, la réflexion ?

La manifestation de l’inexplicable varie en fonction des individus, il serait convenable de préciser qu’à chacun, est affilié son propre inexplicable en ceci que, parmi nos semblables, nous avons tous en commun la caractéristique d'être différents et ainsi, nous entrevoyons la vie selon nos propres schémas et nos critères les plus personnels. Aussi, l’inexplicable - s’il fallait le faire entrer dans la rigidité d’une conception - est polymorphe, hétéroclite, varie d’un individu à l’autre. Pour certains, il prendrait la forme du fait religieux, pour d’autres du hasard, d’autres encore de l’irrationnel, what else ? Il revêt autant de formes que de tentatives de l’expliquer, en vain, répondant aux affinités de chacun et aux situations les plus diverses.

Néanmoins, après abandon de conférer une quelconque rationalité à ce qui ne l’est pas – ou dont la rationalité serait telle qu’elle dépasserait les facultés d’entendement chez l’être humain – l’inexplicable, parfois, se manifeste sous une forme des plus intrigantes : l’évidence.

Un phénomène, un évènement, se manifeste dans la vie d’un individu sans qu’il ne puisse lui conférer de raison d'être. Ineffable, il ne s’agit pas de le comprendre, mais bien de le vivre. Quoi de plus décontenançant pour cet être doué (affublé ?) de raison qui tente de tout expliquer afin de conserver une soit-disante "maîtrise" sur les choses dans une arrogance certaine et un manque de modestie ? A cette première étape - si déroutante soit-elle -, vient s’ajouter un caractère de manifestation : l’évidence. Ainsi, dans certains cas, se présente à l’individu un phénomène dont il ne peut répondre et qu’il ne contrôle pas, mais, en plus de cela, il se déroule sous le joug de l’évidence. L’être humain ne peut lui conférer le moindre de sens, pour autant, il se dessine sous les traits de ce qui ne peut être nié, ce qui pousse irrémédiablement à l'acceptation du caractère extraordinaire de ce phénomène.

Aucun mot ne serait adéquat pour en rendre raison. Qui plus est, bien que l’individu soit sous son emprise, tout semble se dérouler comme si cela avait été ficelé à l’avance, de manière naturelle, presque magique : l’évidence.

Mais alors, comment l'intégrer à la vie de tous les jours, qui est régie par un amoncellement de rationalités, commandée par l’esprit, l’inexplicable, même si celui-ci est évident ? L’inexplicable se manifeste en faisant abstraction de l’univers que vous vous êtes créé, de votre situation, de ce qu’était alors votre vie avant lui. Pour autant, faut-il lui accorder moins de crédit du simple fait qu’il ne se serait pas manifesté quand cela aurait été plus opportun pour vous ? Est-ce à l’inexplicable de s’adapter en fonction de l’être humain ou bien à celui-ci de réagir, de reconsidérer les choses a fortiori ?"

Phil.L.

24/02/2011

mardi 1 février 2011

Extrait du recueil "Mélodie de la pensée" Phil.L.


"Se protéger pour éviter d'être malheureux, n'est-ce pas là le risque à la fois, de ne pas reconnaître le bonheur, qui plus est, de ne pas avoir la possibilité de le vivre pleinement ? Savoir prendre des risques, une idée devenue complexe de nos jours. Pourtant, de toutes façons, et quoi qu'on fasse, chaque individu vivra ces deux moments jugés comme étant antagonistes. Alors, autant ouvrir en grand tant sa porte que son coeur. Oser au lieu d'hésiter, après tout, qu'a-t-on de si précieux à perdre finalement ?"

Phil.L.
01/02/2011

dimanche 30 janvier 2011

Extrait de "La perspective du clonage humain thérapeutique et reproductif selon une vision différente de la notion d’embryon"



« La question du possible « clonage humain » - qu’il soit thérapeutique ou bien même reproductif - est devenue un lieu commun du XXI° siècle. Présente dans l’esprit de tout un chacun, elle est, de nos jours, monopolisée par les médias, vigoureusement débattue par les scientifiques, médecins, philosophes, théoriciens de tous genres. Il est cependant intéressant d’évoquer ici en quoi ce thème si particulier demeure affectant ? En quoi est-il capable de susciter l’émoi et l’interrogation des plus troublants, n’étant pourtant qu’une petite parcelle inscrite dans le sillon des nombreuses préoccupations de la bioéthique, mais en aucune manière une évocation qui serait récente – le clonage, en effet, trouve son histoire gravée dans les temps anciens de la pensée mais aussi dans la nature - ? Néanmoins, bien qu’étant une source de réflexion immémoriale, celle-ci, liée à ce siècle qu’est l’essor du théoriquement pensable, du manifestement probable, du techniquement réalisable, elle évolue dès lors dans une toute autre spirale de jeunesse qui la rend dynamique et la place au centre des intérêts les plus divers.

Réfléchir à la question du « clonage humain » en général ainsi que sur celle-ci dans ses particularités - faisant notamment intervenir ses deux volets qui sont, d’une part, les aspects thérapeutiques ; d’autre part, les aspects reproductifs engendrés par ce thème - reste une abstraction de la pensée difficile à canaliser. La crainte de s’engouffrer rapidement dans les tourments contradictoires et les pentes glissantes font s’opposer deux rapports de force. D’un côté, la non-réalisation actuelle du sujet en question (en effet, il n’appartient pas en ce monde, de façon officielle, reconnue et prouvée scientifiquement, un « clone humain » vivant) implémente un caractère singulier à cette réflexion, qui se dessine selon des traits déchirés entre la prospective, l’anticipation de la pensée sur le réel probable en théorie mais non actualisé, la fabulation de l’esprit en activité confrontée à l’entonnoir technique et pratique qui, prit de vitesse par cette sphère, tente de la rattraper à tout prix, négligeant par là, le plus souvent, les conséquences que ce phénomène, une fois réalisé, engendrerait. De l’autre, cette tentation, à la fois repoussante - bien que stimulante - de dire que ce phénomène de science, placé dans les mains de l’homme, n’appartient pas encore à la nature.

Cette probabilité évènementielle qui rend le théoriquement pensable lié au techniquement réalisable, toile tissée d’un fil commun entre le penser et le faire, le théorique et le pratique, tout ceci plonge l’homme dans un tourbillon hallucinatoire qu’il ne maîtrise pas, ouvrant la porte à tant de possibilités qu’il finit par croire, qu’en fait, ce n’est qu’une question de temps et de perfectionnement technique pour que cet horizon prenne vie au sein de la communauté des hommes.

Le clonage est un processus biologique appartenant à la nature de certaines espèces sans pour autant susciter chez l’homme, législateur parmi les espèces, la moindre envie d’y faire intervenir le droit juridico-politique afin de statuer quant à la valeur de ce phénomène empirique. Outre cela, quand il s’agit d’anticipation spéculatrice concernant l’assimilation de ce processus biologique à l’éventualité d’immiscer cette réalité observable, et par là scientifiquement connue, dans un univers qui lui est, par nature, étranger – il faut comprendre la sphère humaine en général – cela créé des tensions métaphysiques, éthiques tout autant que médicales, anthropologiques et bien d’autres encore.

Toutefois, la spéculation gagne vite les esprits les plus réactifs et, sans même y avoir songé auparavant, l’homme se voit débattre, étudier, argumenter, peser le pour et le contre d’un procédé non réalisable ni en absolu, ni dans l’immédiat. Prenant part de ces diverses considérations, la question se mûrit en l’esprit aventurier chez l’anthropien pour basculer de la possibilité technique d’un procédé observé dans la nature - bien qu’applicable, ou non, à la sphère du vivant humain - à la permission législative et politique se dressant au devant des moratoires. L’homme en vient à ne traiter que cet aspect du problème : faut-il, ou non, autoriser le probable « clonage humain » quel qu’il soit ou même délimité ? Les moteurs de la discussion sont multipliés tant ils sont emprunts à la médecine, la philosophie, au religieux, au politique…

Cette vision réductrice de la pensée fait inévitablement l’économie des divers angles d’attaque du phénomène à examiner. Aussi, il n’est plus question de considérer le probable ou l’inéluctable clonage humain selon ces critères, dans lesquels l’homme s’enlise sans qu’il ne puisse s’en rendre compte. Tout au contraire, et afin d’élucider cette question bataillant contre des échos sans résonance, il s’agira de s’intéresser à un point central bien souvent oublié ou laissé pour compte qui pourrait, à lui seul, faire basculer toute la réflexion en se posant en principe : une pensée qui considère l’embryon – pièce maîtresse du puzzle – autrement que de la manière dont l’homme l’incombe d’ordinaire. Ce regard dépoussiéré permettrait l’absolution aporétique à ce dilemme qu’est la représentation, par l’homme, du « clonage humain » en son sein.

Quand bien même ce projet, audacieux s’il en est, n’aboutirait pas à ses fins et par là, n’aurait servi qu’à méprendre sur le sujet en question, il aurait au moins le mérite d’être suggéré à l’esprit critique. Ainsi, sa falsification engendrerait une avancée dans la recherche intellectuelle ouvrant probablement de nouvelles portes qu’il s’agirait d’ouvrir et non de laisser fermées sans justification suffisante. »

Phil.L.

31/01/2011