lundi 20 décembre 2010

Extrait de la nouvelle " La rose ou l'Eglantine", chapitre 3, Phil.L.

Chapitre 3 : Un être vous manque…

"Il est une absence que rien ne saurait remplacer ni combler, ce sentiment que quelque chose vous manque. Seulement voilà, vous êtes incapables d’exprimer la nature de ce vide ancré en vous, ce qu’il est.

Et pourtant, il est bel et bien présent par son absence.

Il se peut même que cela prenne du temps, beaucoup de temps même, avant que l’on se rende compte qu’il s’agissait bien d’un besoin, provoqué par l’absence de ce qui n’est plus présent. L’essence de celui-ci peut varier selon les individus ou les voies qu’empruntent vos vies. Pour l’auteur, ce besoin, traduit par son absence, est un individu, un visage, un nom appartenant à son passé, un souvenir qu’il ne peut que murmurer.

Elle est partie…

Loin, trop loin. Si loin qu’à son âge – il a alors entre quatorze et quinze ans – c’est à peine si le fait d’habiter de l’autre côté d’une même ville ne représente pas, pour lui, le bout du monde.

Mettez-vous à sa place.

Vous venez d’arriver, depuis quelques mois seulement, dans cette région de la France que l’on nomme la Drôme, et ceci après avoir déménagé une première fois auparavant du lieu où il est né, le Nord-Pas-de-Calais, tout en ayant fait étape durant six années en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Inconnu parmi les jeunes du même âge que lui, sans repère aucun, tout est à refaire, une fois de plus.

Il vous arrive alors une chose dont vous n’êtes pas en mesure d’estimer la valeur, tant on est insouciant à cet âge là – et c’est heureux – tout autant que désorienté.

Vous la rencontrez.

Premier regard. Sans comprendre pourquoi, votre poitrine se soulève et votre cœur se met à battre, tellement fort, que s’il se trouvait à ce moment précis une personne assez proche de vous, elle serait en mesure d’apprécier le rythme s’accélérant de celui-ci.

Que se passe-t-il ? L’auteur n’a jamais ressenti cela, il ne connaît pas ces sensations et pourtant, elles sont présentes en lui. Il ne prouve plus, il éprouve.

Son nom est mis à jour, prénom de fleur, c’est la première fois que vous entendez une pareille identité. Troublé, timide, heureusement elle ne vous regarde pas.

L’année passe, toujours, on n’en voit pas encore le bout que déjà on en distingue la fin. Une année envolée. Alors survient l’insoutenable. Elle doit partir, loin, trop loin.

La France hexagonale ne sera plus son foyer. La Polynésie Française vous l’a arrachée, l’auteur accuse sa défaite.

S’il avait eu plus tôt, à l’époque, l’écho futur de son départ à venir…

Elle quitte sa vie.

Un être vous manque pendant cinq ans et vous n’êtes même pas en mesure de pouvoir identifier, dès lors, la nature du manque, du vide qui pèse sur votre vie.

Elle vous manque, mais vous ne le savez pas encore."

Phil.L.

Le 21/12/2010

Extrait de la nouvelle " La rose ou l'Eglantine", chapitre 2, Phil.L.

Chapitre 2 : Ne jamais croire : "à mon âge la vie ne m’étonne plus".


"L’auteur a consacré la majeure partie de son temps à rechercher quelque chose, bien qu’il ne sût rien quant à la nature même de sa recherche.

Soudain, un jour, sans qu’il ne s’y attende, ce quelque chose lui fut révélé, quand bien même il demeurait – depuis longtemps déjà - nullement en mesure de recevoir la réponse à sa quête sans but prédéfini. Mais n’allons pas plus vite pour l’instant et commençons par ce qu’il est légitime d’appeler le point de départ, tout juste suivi de l’évènement déclencheur.

Il est réconfortant pour l’homme de se rassurer face à cette illusion que la raison saura triompher dans sa vie, lui donner sens, guider ses pas dès que les chemins du cœur lui paraîtront bien compliqués pour être empruntés. Bâtir sur ce fourvoiement ne laisse plus la moindre place à l’émergence d’un phénomène tel que celui qu’a vécu l’auteur, car la raison n’a plus de raison d’être, seul le cœur permet de l’appréhender. A trop négliger, confiner, ignorer son pouvoir - essentiel et unique - on s’en remet à l’inquiétude d’une inévitable incompréhension. Il demeure la source d’une existence pleinement vécue.

Le cœur, voici la clef par excellence.

Le récit que l’auteur va vous conter se déroule ainsi."

Phil.L.
21/12/2010

Extrait de la nouvelle " La rose ou l'Eglantine", chapitre 1, Phil.L.

Chapitre 1 : Ne jamais dire : « ça n’arrive qu’aux autres »


" Voici une phrase anodine. En apparences seulement. Elle recèle en son sein tant d’incompréhensions, de mystères, d’éblouissements, que celui qui tenterait – en vain – de comprendre ce phénomène ne se brûlerait les ailes que trop vite, l’homme n’étant pas préparé à vivre ces moments qui le dépassent.

Il n’est pas encore prêt ou plutôt, ne l’est plus.

L’invraisemblable, l’incroyable, ne sont autres que cette incapacité dont nous disposons à laisser place à ces choses de la vie qui nous bouleversent ou nous font, enfin, ouvrir les yeux. Des mots auxquels l’homme ne croit plus, il ne les envisage même plus comme possibles, ne faisant parties que de fabulations juvéniles dont il ne faut, sous aucun prétexte, tenir rigueur.

Pourtant, cela arrive.

Que faire alors ? Comment réagir ? L’homme a abandonné cette hypothèse de vie et ainsi, oublieux de son humanité passée, reniant cette sphère de l’improbable, il est dérouté devant le spectacle qui se présente à lui. Perdu, il ne peut plus trouver la réponse à ses questions. Aurait-il oublié que ce qui importe, ce n’est pas tant la réponse qui serait la plus adéquate face à une situation donnée, mais la manière dont il s’agit d’y faire écho ? Il n'entend plus - il écoute - la mélodie bercer son cœur qui, pour la première fois, se sent allégé comme si se présentait à lui l’unique raison de son existence en ce monde.

Or, quelle histoire vais-je vous raconter ?

C’est une histoire très simple, qui mérite néanmoins que l’on s’y intéresse malgré son apparence de banalité.

Ce récit, c’est celui d’une période de la vie de l’auteur. Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas de confessions à la Jean-Jacques Rousseau, ni même d’une autobiographie, mais plutôt d’une introspection portant sur une période courte en durée - à l’âge de vingt ans - mais riche en émotions."

Phil.L.

Le 20/12/2010

Extrait de "La rose ou l’Eglantine" de Phil.L.

"La nuit finalement sera à nouveau ma complice. Dans l’attente de ce moment si précieux, le jour cède sa place, dans une harmonie préétablie, à la majestueuse - reine parmi les reines - dont la pénombre dicte aux créatures, baignées de son charme, la volupté à venir où ne règne que la simplicité d’une vie qu’il ne s’agit plus de mettre au repos. Désir d’assouvir le moindre phantasme que fait surgir cette puissance obscure - et pourtant si éclairante - Nuit, viens embrasser ma plume encore une fois et guider ma main dans l’écriture de ce récit si pesant. Telle est l’histoire que je vais à présent vous conter."

Phil.L.
Le 20/12/2010

A l'abri de rien

« Souffle l’esprit de légende noire

Sur la Terre, en nos âmes, sans espoir,

Un conte de vice et de mépris,

Voilà le résumé de la vie des gens d’aujourd’hui.


Un secret bien gardé pendant longtemps

Pour ne pas troubler les enfants,

Mais quand la vérité surgit, place aux désillusions

Et à notre liberté, ce monde, nous le visitons.


Pour échapper aux remparts de la peur,

Pour voir que ceux qui nous ont précédés n’ont pas fait d’erreur,

Pour conclure au final que l’on ne gère rien,

Qu’au bout du compte on est seuls face au destin.


A l’abri de rien dans ce monde de néant,

Crainte de se perdre par nos sentiments,

Mais où se trouve donc la mesure de la folie ?

Ne peut-on vraiment pas savourer la vie ?


Comment faire pour un monde meilleur ?

Comment éviter de tomber dans le malheur ?

Pourquoi s’obstiner à nous détruire

Et ne pas s’aimer pour le meilleur comme pour le pire ? »

Phil.L