mardi 31 mars 2009

Extrait de la préface "D'un siècle à l'autre" de Philippe Lefebvre :

"Cette notion de réalité est communément employée par l’homme bien qu’il ne se préoccupe ni du bien-fondé du terme utilisé ni de ce qu’il peut évoquer, ne parlons ni de l’absence de recherche effective ni du manque de rigueur dont il fait preuve à son égard. Le terme « réalité » aurait-il un sens ? La question ne semble pas se poser à la conscience humaine, du fait même que le mot existe et qu’il est utilisé à maintes reprises sans même se demander si ce mot renvoie à quelque chose ou s’il possède une quelconque consistance.
Parler de réalité, de réel, de réalisme, tout cela semble tellement commun et anodin pour l’homme contemporain, ne voyant aucune équivoque s’immiscer derrière ces notions qui lui sont si familières. Le langage commun est pourtant porteur d’équivoques, de non-sens, d’erreurs, de trop grandes simplifications qui retirent aux mots leurs richesses et provoquent par là-même l’oubli. Le manque de rigueur dans le langage commun est un fléau de l’intelligence, une faiblesse et un fardeau qui, peu à peu, gagnent du terrain dans notre mode de penser, de réfléchir, de nous représenter le monde, de le décrire et de l’exprimer, par conséquent de le comprendre. Toute explication, toute tentative de compréhension s’appuient nécessairement sur le langage qui est la clef de voûte de la communication, de la pensée, de la possible appréhension des choses en vue d’une compréhension future."

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